Actualité chanson française

 

Dignes dingues donc, nouvel opus de Véronique Sanson

L'éternelle Amoureuse, chérie des Français, revient avec un nouvel album. Avec Dignes, dingues, donc...Véronique Sanson livre un nouvel opus de bonne qualité et montre que malgré les épreuves, elle est toujours là. Elle convoque le groove, la pop, le blues, le jazz pour chanter l'amour, le passé, l'alcool et la mort, ses thèmes préférés qui ont fait le succès de ses chansons comme "Vancouver", "Le temps est assassin" ou "Ma révérence".

Un premier titre dévoilé début septembre avait officialisé le retour sur le devant de la scène de la chanteuse âgée de 67 ans. "Et je l'appelle encore", morceau de bravoure de l'album dans lequel piano et cordes s'entremêlent, est un hommage rendu à sa mère disparue il y a dix ans. Émotion donc. Cependant, la tonalité globale de ce nouvel opus n'en reste pas moins légère et enjouée sur les neuf autres titres qui le composent. Éclectique au possible, différents styles musicaux - comme différents sons de cloche si l'on se fie au titre - imprègnent l'ensemble. Quant à la voix, elle n'a rien perdu de sa clarté et de sa puissance.

À l'Olympia en décembre

En ouverture, le morceau éponyme de l'album, "Dignes, dingues, donc...", s'inscrit dans la lignée de son répertoire pop-rock forgé lors de son "exil" américain (1972-1980). De ces huit années d'une intense passion vécue avec le musicien américain Stephen Stills, du groupe mythique des années 1970 Crosby, Stills, Nash & Young, naîtront un fils Christopher et cinq albums, parmi lesquels les excellents Le MauditVancouver ou encore Hollywood. Ce sont ces "années américaines", période faste artistiquement, que Véronique Sanson avait revisitées le temps d'une tournée triomphale l'an passé, avant de retrouver l'envie de recomposer un album, six ans après le précédent.

Fidèle à ses thèmes habituels, elle revient notamment sur ses histoires d'amour passées ("L'écume de ma mémoire", avec Thomas Dutronc à la guitare). Son rapport à l'alcool est à nouveau abordé dans "Des x et des i grecs". En duo jazzy avec Zaz sur "Zéro de conduite", elle flirte également avec la bossa nova dans "Et s'il était une fois".

Dix nouvelles compositions inédites, à la façon d’une mosaïque multicolore. Dix titres riches de tous les rythmes, de toutes les musiques qui vivent en elle depuis toujours.

Véronique Sanson remontera sur scène dès le 8 novembre à Toulouse, avant de s'installer pour plusieurs soirs à Paris. D'abord à la Salle Pleyel (30 novembre, 1er et 2 décembre) puis à l'Olympia (15, 16, 17, 21, 22, 23 décembre).


Où sont passés nos rêves est le 24e album de Serge Lama.

Et c’est une grande réussite.

Fin octobre, Serge Lama a perdu son épouse victime d’un AVC. Une perte qu’il vit très difficilement. Mais cela ne l’empêche pas d’être de retour avec un nouveau disque intitulé Où sont passés nos rêves . Un album studio salué par la critique et par le public. À 73 ans et pour la première fois, Serge Lama n’a pas travaillé avec ses compositeurs habituels, il a convié ce que la chanson française fait de mieux : de Francis Cabrel à Bénabar en passant par Adamo, Calogero et Julien Clerc.

Votre nouvel album est salué par tout le monde. Certains vont jusqu’à dire que c’est le meilleur. Ça vous fait plaisir ?

"On dirait qu’une fée est passée et a dit : ‘Cet album sera parfait’. Je ne sais pas le succès qu’il connaîtra, mais quoi qu’il arrive, il est extraordinaire. Il est unique par les compositeurs prestigieux qui y sont représentés, parce qu’il est réalisé d’une manière magnifique et parce que le résultat est formidable. Mais je pense avoir fait d’autres albums très forts également. Je pense à Rouge sur lequel figure Je suis malade , et à Napoléon . Je classe ce nouveau disque avec ces deux-là, ni devant ni derrière. À égalité."

Pour la première fois, vous n’avez pas travaillé avec vos compositeurs habituels mais avec le gratin de la chanson française. Comment ça s’est fait ?

"Il y a dix ans que je pense à ce disque, mais depuis ce qui s’est passé avec Michel Berger (ils devaient faire un album ensemble, mais la mort de Michel Berger en a décidé autrement) et mon manque de chance, je me disais que personne serait intéressé. Le simple fait qu’ils aient accepté d’y participer est un miracle. Ils ont écrit des musiques sur mes textes et tout ce qu’ils m’ont envoyé était fantastique du premier coup. C’est magique, ça n’arrive jamais ! La force de cet album est qu’il est porté par une diversité d’inspiration musicale faramineuse et inattendue. Les plus grands compositeurs des quarante dernières années sont là. Il y a Julien Clerc que j’admire au-delà de tout. On cite souvent Goldman, Berger et Balavoine, mais le plus original, c’est lui. J’ai aussi une admiration folle pour Cabrel et son style. Et pour Maxime Le Forestier."

Allez-vous poursuivre dans cette direction ?

"Avec tous les sujets et les chansons que j’ai dans mes cartons, j’ai de quoi faire deux ou trois disques. Mais malheureusement, je pense que ça ne se fera pas parce qu’on arrive à la mort du disque. Je le dis avec beaucoup de tristesse mais le genre qui s’appelle la chanson est en train de disparaître."

Ça signifie que vous raccrochez ?

"Je vais encore faire un disque. Et si Dieu me prête vie, mon rêve serait de rechanter avec ma voix d’aujourd’hui, les 50 chansons les plus importantes de ma carrière pour en faire un coffret. Il y a des chansons de mon répertoire qui seraient rajeunies si je les chantais aujourd’hui. Est-ce que ma maison de disques me suivra, ce n’est pas certain… Aujourd’hui, les radios ne passeraient plus Je suis malade . Une chanson lente qui dit "Je suis malade" à quinze reprises en 4 minutes, elle ne passe pas. Même pas en rêve !"

Vous verra-t-on sur scène pour défendre cet album ?

"Avec tous les événements que j’ai vécus, je suis très prudent sur les choses de l’avenir. Mais normalement, je pars en tournée en septembre. Et j’ai plutôt de bonnes sensations, à moins que d’autres événements catastrophiques se produisent en France ou en Belgique."

"Le métier me sert de cache-misère"

Serge Lama n’en fait pas un mystère, le décès à 71 ans de son épouse Michèle Chauvier le laisse dévasté. Et ce n’est pas le succès de son nouvel album qui atténuera sa peine. "La disparition de Michèle, je ne l’ai pas encore enregistrée, confie-t-il. Je l’ai subie. J’ai été à son incinération. J’ai pleuré. J’ai fait tout cela instinctivement, comme un animal. Mais l’homme lui-même, je sais qu’il sera blessé longtemps. Le métier me sert de cache-misère dans une certaine mesure, mais la misère ne s’enlève pas en faisant un beau disque. Ce n’est pas avec ça qu’on arrive à compenser une telle catastrophe humaine. Je suis un être humain comme les autres et je le vis avec beaucoup de difficultés. Mais je ne peux pas me poser en martyr parce qu’il y a tellement de gens qui vivent la même situation que la mienne. Regardez ce qui est arrivé au Bataclan… en un seul soir !"


Second album de Vianney, un chanteur pas comme les autres

Quel parcours pour Vianney ! C’est en 2014 que le jeune artiste débarquait sur les ondes avec l’entêtant « Pas là », véritable tsunami musical. Ce deuxième extrait de son album Idées Blanches sera d’ailleurs le moteur de sa toute jeune carrière. Depuis, Vianney a été nommé aux Victoires de la Musique 2015, dans la catégorie Album Révélation de l’Année. Il n’a pas remporté le prix mais l’année suivante fut celle de la consécration puisqu’il a gagné le trophée de l’Artiste Interprète Masculin. Après s’être laissé enchanter par les titres « Veronica », « Les gens sont méchants » ou encore « Les filles d’aujourd’hui » en duo avec Joyce Jonathan, le public avait hâte de découvrir son second opus, et nous aussi…

Plus personnel et intime…

C’est avec « Je m’en vais » que Vianney a commencé la promotion de cet album éponyme, pour en souligner le caractère introspectif. Le ton était donné, le premier single est fort, puissant, déchirant… Mais qu’en est-il des dix autres pistes qui composent Vianney ?

C’est une ligne d’émotions et de partage qui s’offre à l’auditeur. Profond, personnel, intime, le chanteur se livre sans concession, sans fard. Il nous parle de son enfance avec « Dumbo » et il casse son image avec « Le fils à Papa », un titre qui a du mordant malgré son aspect dépouillé. L’artiste nous transporte durant près de sept minutes.

Entre son avenir avec « Quand je serai père » et l’amour sur « Moi aimer toi », Vianney s’impose avec sa couleur musicale, sa voix chaude et sa guitare omniprésente. La qualité d’écriture est là, la passion débordante et la réalisation soignée. Un second essai largement réussi donc, un opus qui confirme tout le talent et la sincérité d’un jeune auteur-compositeur et interprète de 25 ans qui semble ne pas avoir fini de faire chanter toute la France.


Bernard Lavilliers sort l'album "5 minutes au paradis"

Bernard Lavilliers a toujours l'indignation chevillée au corps. Son prochain album est plus engagé que jamais. On le comprend en écoutant le single "Croisières méditerranéennes", une sublime chanson dans laquelle il emboîte le pas des migrants en route pour la grande traversée. Le clip qui l'accompagne vient d'être publié.

"C'est un truc qui me hante depuis longtemps"

"Incendiés par la guerre, écrasés de soleil, fouettés par la poussière, dévorés par le sel (...) On est venu à pied, du fond de la misère", chante Bernard Lavilliers dans "Croisières méditerranéennes".

Le Stéphanois, qu'on avait quitté il y a peu avec l'hymne engagé "La loi du marché" en duo avec Cyril Mokaiesh, raconte cette fois la longue marche des réfugiés, les espoirs brisés et les morts aux portes de l'Europe.

"Il y a 20.000 personnes au fond de la Mediterrannée, d'après l'ONU", a rappelé le chanteur vendredi matin sur France Inter. "Alors il y a les croisières Costa qui font des prix avec des gens qui boivent du champagne et pendant ce temps-là, très en dessous, au ras de la mer, il y a des chalutiers et des zodiacs qui coulent. Ou pas. C'est un truc qui me hante depuis fort longtemps."

Du beau monde sur l'album "5 minutes au paradis"

Si l'on en croit ce titre, les rythmes latinos sont mis de côté au profit de la guitare et de superbes arrangements de cordes sur le 21e album de Lavilliers.  

Baptisé "5 minutes au paradis", ce disque auquel participent la chanteuse Jeanne Cherhal (sur le titre "L'espoir"), Benjamin Biolay, Florent Marchet ainsi que le groupe parisien Feu! Chatterton en backing band sur deux chansons, est attendu pour le 29 septembre.

Bernard Lavilliers sera en tournée en France à partir du 3 novembre, avec une halte à l'Olympia (Paris) du 24 novembre au 3 décembre. 


MC Solaar, nouvel opus pour rappeur pas comme les autres

MC Solaar revient vendredi 3 novembre avec Géopoétique. Le flow comme à la belle époque, à rebours du rap tel qu'on l'entend souvent aujourd'hui. L'un des précurseurs du genre en France a encore beaucoup à apporter, et il le prouve.

Il le dit sans ambages : avec l'ennui, le manque, un cercle vicieux qui s'enclenche, MC Solaar aurait dû mettre un terme bien plus tôt à ce qui est devenu une décennie d'absence. Ce nouveau disque est une conséquence de ce manque. Éclectique, massif, 19 titres variés, sur des productions jazz, rock, soul, contemporaines ou volontairement vintage. Quand il en parle, le rappeur marque par son humilité: "Nul n'est indispensable".

Esthète des mots, soudeur de syllabes, Claude M'Barali n'a rien perdu de ce statut à part, parfois caricatural, d'exception dans un monde de brutes. C'est faux et ça l'a sans doute toujours été, mais voilà, MC Solaar est ce genre de rappeur qui peut faire un titre sur un village décimé par la Première Guerre Mondiale (Les Mirabelles).

Dix ans d'absence discographique, c'est long pour un artiste jamais vraiment parti, présent chez les Enfoirés ou chaque année aux côtés de Solidarité Sida à Solidays. MC Solaar, ce n'était pas mieux avant, et c'est déjà une grande victoire que de parler ainsi d'un retour très attendu dans ce qu'il qualifie lui-même, aujourd'hui d'"océan de musique".

En tournée à partir de novembre 2018 (notamment à l'AccorHotels Arena le 23).


Johnny Hallyday : sortie de l’album posthume

« Mon pays c’est l’amour », cinquante et unième et ultime opus studio du chanteur mort le 5 décembre 2017, a été commercialisé vendredi 19.

En dix chansons et un instrumental, un premier constat : celui d’une couleur rock affirmée, avec, dans la majorité des cas, un tempo assez enlevé – seule Pardonne-moi est dans un mouvement lent, quand généralement dans les précédents albums d’Hallyday, dont Rester vivant en 2014 et De l’amour en 2015, on trouvait un équilibre entre ballades et rock. La prise de son claire valorise autant la présence vocale du chanteur que la formation de base, avec guitares, électriques et acoustiques, claviers (piano et orgue), basse et batterie. Sur certaines chansons, une section de cuivres, des chœurs, des arrangements de cordes et de vents.

Si les musiques ont été toutes composées par Maxim Nucci, dit Yodelice, compositeur et réalisateur de l’album, ou co-composées pour quatre d’entre elles avec Yarol Poupaud, les textes sont signés par plusieurs auteurs. Pierre Jouishomme, Christophe Miossec, Pierre-Yves Lebert, Jérôme Attal, déjà là sur d’autres albums, et des nouveaux venus, Katia Landreas, le duo Yohann Malory et Hervé Le Sourd pour trois chansons, et Boris Lanneau, un fan qui avait proposé en 2015 des textes à Bertrand Lamblot, directeur artistique de Warner Music France, dont Tomber encore, qui a plu à Hallyday.

Musicalement, avec son accroche de piano, l’alliance avec l’orgue, des clochettes, ce Tomber encore, l’une des chansons les plus réussies, a l’allure d’un rock façon Bruce Springsteen. Ailleurs, des références au rock à la Rolling Stones, avec croisement des guitares en lead-rythmique, sont perceptibles.

La référence fondatrice au rock’n’roll (Made in Rock’n’roll, adaptation par Pierre-Dominique Burgaud de Let the Good Times Roll, de JD McPherson), l’évocation des Etats-Unis (L’Amérique de William, avec des paysages de motels, de drive-in, de grands espaces, une approche country avec sonorités probables de dobro, pedal steel), l’homme amoureux avec ses désirs et ses faiblesses (Pardonne-moi, Back in L.A., Tomber encore), le battant. Dans 4 m2un thème social écrit par Pierre-Yves Lebert, celui de l’enfermement d’un prisonnier, autre temps fort du disque, un rock-blues.

En mars 2017, Johnny Hallyday avait posé sa voix sur les maquettes instrumentales de Pardonne-moi, Un enfant du siècle et Je ne suis qu’un homme. Ce sont « ces prises vocales qui ont été conservées et qui étaient extraordinaires », explique Bertrand Lamblot. Pour les sept autres chansons, la voix a été enregistrée entre fin septembre et début octobre« Johnny a fait peu de prises pour chaque chanson, a indiqué Maxim Nucci. Le cas échéant, on a fait un travail traditionnel de composite de différentes prises, qui est un montage des meilleures parties de sa voix. »


Nouvel album de Maxime Leforestier Paraître ou ne pas être

Six années se sont passées depuis son dernier album, Le Cadeau.Maxime Le Forestier revient dans les bacs vendredi 7 juin 2019 avec Paraître ou ne pas être. Un seizième disque incisif, 10 morceaux en 30 minutes, pas une de plus. Contrairement au précédent, cette nouvelle collection est très acoustique, presque déshabillée, les chœurs sont plus discrets qu'à l'accoutumée.

Malgré un enregistrement record d'une semaine, l'écriture est plus douloureuse. Tous les textes sont nés dans sa maison près de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Et peut-être que le musicien ne serait pas dans Laissez-vous tenter aujourd'hui sans l'aide précieuse de son fils Arthur, 29 ans aujourd'hui, devenu l'une des chevilles ouvrières du disque. 

Il joue de la guitare sur huit chansons et sera présent sur la prochaine tournée. "C'est la première fois que je faisais ça et je ne voulais pas me louper", raconte le jeune trentenaire au micro de RTL. "Il a été formidable, Arthur est devenu un guitariste que j'aime beaucoup, il m'a vraiment poussé et aidé", confie avec émotion Maxime Le Forestier avant d'ajouter : "Son énergie a été moteur."

Paraître ou ne pas être est un album boisé où les guitares sont reines. Si le musicien a tout d'abord commencé par le violon jusqu'à l'âge de dix ans, c'est avec sa première guitare entre les doigts, quelques années plus tard, qu'il dit avoir vu sa vie basculer : "C'est vraiment une sensation que j'ai eue, les gens me regardaient autrement. La première fois qu'on sort d'un magasin avec une guitare, on n'est plus le même homme, j'étais devenu un artiste."

Il y a une habitude à laquelle Maxime Le Forestier n'a pas dérogé : on retrouve une composition de Julien Clerc sur le texte Dernier soleil. Depuis 1976, l'interprète de La Maison bleue lui offre des textes tandis que Julien Clerc offre des mélodies. Un duo créatif qui a réussi à traverser le temps. "Les chansons s'accumulent mais [...] il n'y a pas de lassitude, je retrouve ses textes comme je retrouve un vieil ami", raconte Julien Clerc.

Maxime Le Forestier sera en tournée dans toute la France à partir du 30 septembre 2019 au Vésinet (Yvelines). L'artiste chantera notamment aux Nuits de Champagne le 25 octobre et les 14, 15 et 16 novembre au Casino de Paris. 

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